Tourouvre-au-Perche : les Muséales (inauguration le 30 septembre 2006). L’ensemble à visiter comprend le musée de l’émigration française au Canada et le musée de l’Épicerie (musée des commerces et des marques)

L'histoire de l'émigration

Tourouvre, premier foyer, avec Mortagne de l’émigration du 17e siècle

Saint-Cosme-en-Vairais, paroisse de départ des Bouchard, Fortin, etc.

«Si l’apport du Perche au peuplement du Canada — environ  des migrants français — peut paraître modeste, il faut souligner que l’émigration percheronne la plus ancienne se caractérise par une remarquable prolificité…» écrit l’historienne Françoise Montagne (Montagne Françoise, Tourouvre et les Juchereau, Ed. Société canadienne de Généalogie, 1965).

Le mouvement, lancé à partir de 1634 grâce au pouvoir de conviction de Robert Giffard, représente, dans le courant général de l’émigration française en Nouvelle-France, une certaine originalité. Il ne doit pas être attribué à la misère, mais plutôt à l’esprit d’aventure et à la quête de terres. Pendant toute la durée du régime français (jusqu’en 1763), 324 émigrants exerçant divers métiers d’abord liés à la construction, puis au défrichage et à la mise en valeur des terres, vont ainsi entreprendre le grand voyage. Une majorité d’entre eux resteront en Nouvelle-France. Ils formeront la base la plus ancienne de la population de l’actuelle province du Québec, puis du Canada par sa diffusion au cours des siècles suivants. Leur descendance est aujourd’hui estimée à 1.500.000 personnes au Canada, beaucoup plus sans doute si on tient compte d’un important essaimage dans toute l’Amérique du Nord. 

Mortagne, capitale du Perche, autre foyer d’émigration au 17e siècle
Igé, paroisse de départ des Gagnié, Gadois, Godé, Leduc, Normand, Trottier

1608

1608

Champlain installe une «abitation» à Québec.

La première « Abitation » construite par Champlain à Québec.

1608

1617

1617

L’apothicaire Hébert et sa famille s’installent à Québec.

1617

1621

1621-1622

Robert Giffard (v. 1587-1668), médecin sur un navire de la marine royale, natif d’Autheuil, village situé près de Tourouvre, arrive à Québec. Il y séjourne jusqu’en 1627.

L’église d’Autheuil, près de Tourouvre.

1621

1625

1625

Arrivée des Jésuites à Québec.

1625

1627

1627

Signature de Robert Giffard

Robert Giffard rentre en France, convaincu que de nouveaux colons doivent s’implanter sur les rives du Saint-Laurent. Cette même année est fondée la Compagnie des Cent-Associés dont est membre Noël Juchereau, de Tourouvre, ami de Robert Giffard.

1627

1628

1628

En février, à Mortagne, Robert Giffard épouse Marie Renouard. Dès le printemps, il repart vers la Nouvelle-France afin de préparer de futures implantations. Le navire à bord duquel il voyage est intercepté par des pirates à la solde des Anglais. Robert Giffard doit revenir en France. A Tourouvre et à Mortagne, il met à profit cette période pour évoquer l’immense pays qui s’étend au-delà de l’Atlantique.

1628

1629

1629-1631

Québec est aux mains des Anglais.

1629

1632

1632


Cadran solaire de l’église Notre-Dame de Mortagne (1632)

Le traité de Saint-Germain-en-Laye permet à la France de rentrer en possession du Canada. Robert Giffard peut enfin mettre en œuvre son projet de colonisation.

1632

1633

1633

Robert Giffard, avec l’aide des frères Jean et Noël Juchereau, prépare son expédition.

1633

1634

1634

En janvier, la Compagnie des Cent-Associés concède à Robert Giffard la seigneurie de Beauport. Il recrute ses premiers colons, reçoit le soutien de Pierre Le Bouyer de Saint-Gervais, lieutenant général civil et criminel du Perche. Courant mars : départ de Robert Giffard, de sa femme, de ses enfants et d’une vingtaine de colons pour la Nouvelle-France. Parmi eux Jean Guyon, maître-maçon, Zacharie Cloutier, maître-charpentier et Robert Drouin, tuilier (originaire du Pin-la-Garenne). Début juin le navire atteint Québec.

Le manoir de Robert Giffard à Beauport

1634

1635

1635

A Québec, mort de Samuel de Champlain; la colonie compte 132 colons dont 35 viennent du Perche. A Mortagne, départ de nouveaux colons dont Gaspard Boucher, de sa femme et de ses enfants. Parmi eux Pierre, né à Mortagne en 1622, âgé de 13 ans. La première colonisation organisée de la Nouvelle-France est commencée. En ce qui concerne le Perche, les départs portent essentiellement sur la période de 1634 à 1671. Quelques émigrant sont mentionnés à la fin du 17e siècle et au 18e siècle.

1635

1639

1639

 Arrivée à Québec de Madeleine de la Peltrie, de Marie de l’Incarnation siècle et des premières religieuses ursulines à Québec.

Madeleine de la Peltrie (1603-1671)

1639

1641

1641

76 colons venus du Perche, recrutés par les frères Juchereau, notamment Pierre resté à Tourouvre, sont arrivés à Québec et à Beauport. La population de la colonie s’élève à 300 personnes.

1641

1642

1642

Madeleine de la Peltrie est présente à la première messe marquant la fondation de Montréal, le 17 mai 1642, sur l’île de Villemarie.

La fondation de Montréal

1642

1645

1645

Françoise Marie Jacquelin(1621-1645), native de Nogent-le-Rotrou, épouse de Charles de Saint-Étienne de la Tour, défend le Fort LaTour à Saint-Jean, en Acadie. Elle y trouve la mort après une résistance héroïque.

Françoise Marie Jacquelin, baptisée le 18 juillet 1621 en l’église de Notre-Dame du Marais à Nogent-le-Rotrou

1645

1647

1647

Recrutés par les frères Juchereau,  38 jeunes gens (27 hommes, 11 femmes) venus de Tourouvre et des environs, arrivent à Québec, parmi eux Pierre Tremblay. Cette recrue percheronne permet d’accélérer le défrichement des terres.

L’église Saint-Malo de Randonnai, paroisse de départ de Pierre Tremblay

1647

1653

1653

Pierre Boucher Boucher organise la défense de Trois-Rivières contre les Iroquois qui doivent lever le siège. La cité naissante, indispensable relais entre Québec et Montréal, est sauvée.

Défense de Trois-Rivière par Pierre Boucher, d’après le vitrail del’église Notre-Dame de Mortagne

1653

1662

1661-1662

Pierre Boucher revient en France et, afin de sauver la colonie menacée par les Iroquois, sollicite le soutien de Louis XIV et de Colbert. Il rentre en Nouvelle-France en ramenant de nombreux colons.
Pierre Boucher embarque à à La Rochelle avec colons et soldats, détail du vitrail de l’église Notre-Dame de Mortagne

1662

1663

1663

Débarquement à Québec des premières filles du roi. Elles épouseront les colons et favoriseront l’accroissement démographique de la colonie.

L’arrivée des filles du roi à Québec. Elles furent d’abord des filles du peuples, dessin de Jefferys

1663

1665

1665

Arrivée des soldats du régiment de Carignan dont une majorité demeurera en Nouvelle-France.

Drapeau du régiment de Carignan-Sallières

1665

1667

1667

Pierre Boucher et Jeanne Crevier, son épouse, déjà parents de 8 enfants quittent Trois-Rivières pour fonder Boucherville avec une trentaine de colons.Statue de Pierre Boucher devant l’hôtel de ville de Boucherville, photo JP Gay, 2017.

1667

1668

1668-1670

Robert Giffard décède à Beauport en 1668. La colonie atteint 3000 habitants. Fin de l’émigration percheronne organisée.

1668

1717

1717

À Boucherville, décès de Pierre Boucher à l’âge de 95 ans. Il a été anobli, lui et sa nombreuse famille composée de 15 enfants.

Boucherville (Québec, Canada), monument à la mémoire de Pierre Boucher et de Jeanne Crevier, photo JP Gay, 2017.

1717

1729

1729

Arrivée à Québec de l’intendant Gilles Hocquart (1695-1783), né à Mortagne-au-Perche. Il administre la Nouvelle-France avec rigueur jusqu’en 1749Gilles Hocquart (1695-1783) natif de Mortagne, paroisse Sainte-Croix.

1729

1763

1763

Traité de Paris qui place le Canada sous régime britannique.

1763

1790

1790

Décès à Québec d’Augustin de Glapion, jésuite, dernier émigrant référencé originaire du Perche. Il est né en 1719 au Pin-la-Garenne et est arrivé en 1753 en Nouvelle-France.

Signature d’Augustin de Glapion au bas d’une lettre adressée de Québec à sa famille en 1788.

1790