Le Perche

La province du Perche apparaît bien modeste au regard de ses puissantes voisines : la Normandie, l’Ile-de-France ou le Maine. La présence séculaire de la forêt l’a souvent transformée en enjeu territorial décisif lors des luttes qui ont opposé, au Moyen Age, les grands vassaux du roi de France ou du roi d’Angleterre. La création du comté du Perche définit pourtant un territoire original à forte identité. Les habitants de la contrée, qui furent de solides défricheurs lors de l’expansion démographique des XIIe et XIIIe siècles, sont connus pour être à la fois ardents à l’ouvrage mais aussi assez distants avec les systèmes. A ce titre, il y a une identité percheronne, une «âme» qui peut expliquer que certains d’entre eux, aspirant à un mieux être, aient été séduits, au 17e siècle, par l’aventure en Nouvelle-France.

Antiquité : La Silva Pertica désigne à l’origine une vaste forêt située à la frontière des cités gauloises des Essuins (capitale : Sées) ; des Eburovices (capitale : Evreux) ; des Cenomans (capitale : Le Mans) ; des Carnutes (capitale : Chartres).

Entre 1079 et 1100 : Geoffroy IV, l’un des plus puissants seigneurs du pays réunit sous son autorité à la fois le comté de Corbon (actuelle région de Mortagne-au-Perche) et la seigneurie de Nogent-le-Rotrou, ce qui le rend maître d’une grande partie de la vieille forêt du Perche. Il prend le nom de «comte du Perche». Son fils, Rotrou III, en intégrant à cet ensemble la seigneurie de Bellême en 1113, donne au Perche sa dimension provinciale. L’étendue de cette dernière reste cependant très inférieure à l’espace naturel du même nom.

En 1226 : A la mort de Guillaume, 6e comte du Perche, le comté est rattaché, faute de descendant, à la Couronne. Le Perche sera alors donné en apanage aux enfants ou aux frères du roi de France.

En 1559 : La rédaction de la Coutume du Perche confirme l’identité provinciale de la région. La période de la Renaissance est marquée dans le Perche par la construction de nombreux manoirs aux formes originales.

En 1792 : Lors de l’institution des départements par la Constituante, le Perche se trouve scindé entre quatre départements : l’Orne et l’Eure-et-Loir pour l’essentiel; la Sarthe et le Loir-et-Cher pour une moindre part.

En 1947 : la fondation de l’association des Amis du Perche par Georges Massiot exprime, pour la première fois depuis la Révolution, la volonté des habitants du Perche de renouer avec leur passé et surtout de préserver une identité culturelle et patrimoniale qui, malgré la séparation administrative, ne s’est jamais éteinte. La fondation en 1956, de l'association Perche-Canada, met l'accent sur l'épopée des Percherons dans le Nouveau-Monde.